Simplifiez-vous la vie avec le placement du verbe

Simplifiez-vous la vie avec le placement du verbe

L’une des difficultés de l’allemand est le placement du verbe dans la phrase, qui diffère du français et demande donc aux francophones une gymnastique particulière. Il faut du temps pour intégrer cette spécificité ainsi que de la pratique pour être à l’aise avec ce système et l’utiliser naturellement. Cependant, il existe un moyen de simplifier ce mécanisme et par conséquent de vous faciliter la vie dans vos conversations courantes. Etudions ensemble cette règle grammaticale et la manière dont vous pouvez l’aborder plus aisément.

Dans les phrases simples

Lorsque vous n’avez qu’un seul verbe, ou bien plusieurs qui ne dépendent pas les uns des autres, la règle veut que vous le placiez en deuxième position. Cela signifie que si vous débutez votre phrase par un complément, vous devrez ensuite immédiatement prononcer (ou écrire) votre verbe, qui viendra donc avant votre sujet dans ce cas.

Prenons un exemple : vous souhaitez dire « Demain je vais à Berlin. ». Vous pouvez commencer votre phrase avec le sujet, en l’occurrence « Je », ou bien un complément, « A Berlin » ou « Demain ». Dans tous les cas, votre verbe se positionnera en second. Vous aurez donc soit « Je vais à Berlin demain. », soit « A Berlin vais je demain. » soit « Demain vais je à Berlin. ». En allemand, cela donnerait, dans le même ordre : « Ich fahre morgen nach Berlin. », ou « Nach Berlin fahre ich morgen. », ou « Morgen fahre ich nach Berlin. ». Comme vous le constatez, le verbe ne bouge pas, ce sont les autres éléments qui sont mobiles.

L’intérêt de ce système est que vous pouvez mettre en avant ce qui est le plus important pour vous. Dans la seconde formulation, vous insistez sur la destination, dans la troisième sur le complément de temps. Votre ton de voix viendra également appuyer ce que vous souhaitez faire passer en priorité.

Le placement du verbe dans les phrases simples ne devrait pas vous poser trop de difficultés, il faudra juste y penser mais vous vous habituerez rapidement. Là où cela se complique, c’est quand il s’agit des phrases complexes, ce dont nous allons tout de suite parler.

Dans les subordonnées

Tout d’abord, petit rappel grammatical sur ce qu’est une phrase dite complexe. Il s’agit de ces phrases avec plusieurs verbes, dépendants les uns des autres. Vous avez tout d’abord la partie dite « principale », qui pourrait fonctionner seule, puis les propositions « subordonnées » introduites par des mots comme « qui, que, dont, laquelle, comme » et ainsi de suite, et qui seraient bancales toutes seules, sans la principale.

La principale va fonctionner comme une phrase simple, donc le verbe sera en seconde position. Par contre, cela change dans les subordonnées. Ici, la règle veut que le verbe soit en fin de proposition, ce qui est déconcertant pour un francophone, qui est souvent perdu dans sa phrase sans le verbe : pour nous, il arrive quasiment toujours en début de phrase, en tous cas très vite. En allemand, selon la quantité de compléments, vous pouvez l’attendre assez longtemps.

Simplifiez-vous la vie avec le placement du verbe

Cela provoque quelques difficultés. En compréhension, vous pouvez oublier une partie de ce que vous avez entendu quand arrive le verbe, ou ne plus trop faire le lien avec ce qui a été dit précédemment. En expression, deux phénomènes peuvent se produire, dus au fait qu’en temps que francophone vous allez « penser » votre verbe bien plus tôt. Dans un premier cas, vous allez prononcer ce verbe trop vite, là où il ne devrait pas être. Dans le second cas, vous allez bien réussir à ne pas « lâcher » votre verbe au milieu de votre subordonnée mais, une fois en fin de proposition, vous l’oublierez carrément, et vous retrouverez face à un interlocuteur qui attend ce fameux verbe qui ne vient pas et ne peut pas comprendre ce que vous dites en l’état actuel des choses.

Maîtriser cette gymnastique demande pas mal de pratique, mais c’est tout à fait envisageable, rassurez-vous ! D’ici-là, il existe cependant une tactique qui vous facilitera grandement la vie !

L’astuce !

C’est tout simple : supprimez les subordonnées !

Alors pas de façon arbitraire, et pas pour vous couper de la moitié de vos propos qui n’auront plus ni queue ni tête. Ce n’est bien entendu pas l’objectif de la manœuvre. Nous allons simplement utiliser la même technique que les Allemands eux-mêmes, et qui leur est tout à fait naturelle.

Simplifiez-vous la vie avec le placement du verbe

Pour vous débarrasser d’une proposition subordonnée, à l’oral, il vous suffit de retirer de votre phrase le mot subordonnant le plus courant, « que (dass en allemand) ». Votre phrase se comportera alors comme si vous aviez deux propositions indépendantes, qui sont comme deux phrases simples dans la construction.

Prenons un exemple : vous voulez dire : « Je pense qu’ils arrivent en train. » Si vous avez bien suivi, vous devriez construire, en allemand, dans cet ordre : « Je pense, qu’ils en train arrivent. »

Maintenant, supprimons le « que » de notre phrase. Nous avons alors : « Je pense, ils arrivent en train. » Vos deux verbes sont positionnés en deuxième place, comme pour les phrases simples. Bien entendu, rien ne vous oblige à entamer vos propositions par le sujet. Je vous invite d’ailleurs à modifier ce que vous mettez au début de vos phrases, c’est comme cela que vous progresserez dans la gymnastique de placement des mots.

Dites-moi dans les commentaires quelles difficultés vous éprouvez avec le positionnement des verbes en allemand.

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